Recherche

Analyse des eaux usées et drogues – étude multivilles européenne

 

 

Analyse des eaux usées et drogues – étude multivilles européenne

Introduction

Dernière mise à jour: 31.05.2016

Les constatations du plus grand projet européen jamais lancé dans le domaine émergent de l’analyse des eaux usées sont évoquées dans la présente édition de «Perspectives on drugs». Ce projet a analysé les eaux usées de plus de 60 villes européennes (ci-après dénommées les «villes») afin d’étudier les habitudes de leurs habitants en matière de consommation de drogues. Ses résultats forment un instantané riche d’enseignements sur les flux de drogues dans les villes en question et révèlent des variations géographiques marquées*.

Ces analyses interactives conçues pour le web, qui font partie de la série Perspectives sur les drogues (Perspectives on Drugs, POD) du Rapport européen sur les drogues, donnent un meilleur éclairage sur une sélection de questions importantes.

* Au total, 67 villes situées dans 27 pays à travers le monde ont participé à la campagne de surveillance des eaux usées menée par le SCORE en 2015. Aux fins de la présente analyse, les données de 44 villes situées dans 18 pays (UE et Norvège) ont été utilisées. Des données supplémentaires relatives à d’autres villes et pays sont disponibles dans le contenu interactif du POD.

1. Analyse: résultats d’une étude multivilles européenne

L’analyse des eaux usées est une discipline scientifique en plein essor qui pourrait permettre de suivre en temps réel des données sur les tendances géographiques et temporelles en matière de consommation de drogues illicites. Initialement utilisée dans les années 1990 pour suivre l’impact environnemental des rejets liquides des ménages, cette méthode sert depuis lors à estimer les niveaux de consommation de drogues illicites dans différentes villes (Daughton, 2001; Zuccato et autres, 2008; van Nuijs e.a., 2011). Elle consiste à échantillonner une source d’eaux usées, par exemple un flux transporté par le réseau d’égouts vers une station d’épuration. Les scientifiques peuvent ainsi estimer la quantité de drogues consommée dans une communauté en mesurant les concentrations de drogues illicites et de leurs métabolites excrétées dans l’urine (Zuccato e.a., 2008).

Tester les eaux usées dans les villes européennes

En 2010, un réseau européen [Sewage Analysis CORE Group – Europe ou SCORE (Groupe central d’analyse des eaux usées en Europe)] a été établi dans le but de normaliser l’approche de l’analyse des eaux usées et de coordonner les études internationales au moyen de la création d’un protocole d’action commun. La première activité du groupe SCORE fut la réalisation, en 2011, d’une enquête à l’échelle de l’Europe menée dans 19 villes européennes, qui a permis d’étudier pour la première fois les différences régionales au niveau de la consommation de drogues illicites en Europe à partir des eaux usées (Thomas e.a., 2012). Cette étude comprenait également le premier exercice d’interétalonnage pour l’évaluation de la qualité des données analytiques, et a permis une caractérisation exhaustive des grandes incertitudes de l’approche (Castiglioni e.a., 2014). À la suite du succès de l’étude initiale, des études de même nature ont été entreprises au cours des quatre années suivantes avec une couverture allant jusqu’à 21 pays européens en 2015. Un protocole standard et un exercice commun de contrôle de la qualité ayant été appliqués sur tous les lieux étudiés, il a été possible de comparer directement les charges en drogues illicites en Europe sur une période d’une semaine pendant cinq années consécutives (1). Pour la campagne de surveillance des eaux usées de 2015, des échantillons d’eau brute ont été prélevés sur 24 heures durant une semaine en mars. Ces échantillons ont été analysés pour déceler les biomarqueurs urinaires (c.-à-d. les caractéristiques mesurables) de la drogue mère (c.-à-d. la substance primaire) pour l’amphétamine, la méthamphétamine et la MDMA. De plus, les échantillons ont été analysés pour trouver les principaux métabolites urinaires (substances produites lorsque l’organisme décompose les drogues) de la cocaïne et du cannabis, à savoir le benzoylecgonine (BE) et le THC-COOH (11-nor-9-carboxy-delta9-tétrahydrocannabinol).

Modes de consommation des drogues illicites: variations géographiques et temporelles

Principales conclusions pour 2015

Le projet a permis de révéler des modes de consommation de drogues contrastés avec des variations géographiques et temporelles entre les villes européennes (voir «Contenu interactif: découvrir les données de l’étude»).

Les charges en benzoylecgonine (BE) observées dans les eaux usées indiquent que les consommations de cocaïne sont plus élevées dans les villes d’Europe occidentale, en particulier des villes en Belgique, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, et dans certaines villes d’Europe méridionale et septentrionale. L’analyse des eaux usées révèle que la consommation de cocaïne est très faible, voire négligeable, dans la majorité des villes d’Europe orientale.

Les charges en amphétamine détectées dans les eaux usées varient considérablement selon les villes étudiées, les niveaux les plus élevés ayant été observés dans les villes du nord de l’Europe. Il a été constaté que l’usage d’amphétamine était bien plus faible dans les villes du sud de l’Europe. Par contre, l’usage de méthamphétamine semble se limiter aux villes de Norvège, de République tchèque et de Slovaquie. Des charges élevées ont également été constatées à Dresde, une ville allemande située près de la frontière avec la République tchèque. Les charges en méthamphétamine observées ailleurs étaient très faibles, voire négligeables. Des niveaux relativement bas de charges en biomarqueurs urinaires liées à la MDMA ont été constatés dans la plupart des pays européens, à l’exception des villes belges et néerlandaises, où des charges élevées ont été détectées.

Pour ce qui est du cannabis, l’identification de charges en THC-COOH dans les eaux usées présente certaines difficultés au niveau de l’échantillonnage et de l’analyse, ce qui explique qu’aucune conclusion issue de la campagne de surveillance 2015 n’était disponible au moment de la publication.

Dix pays au sein desquels deux ou plusieurs villes ont été étudiées ont participé à la campagne de 2015. L’étude a mis en évidence des différences entre villes d’un même pays, qui peuvent s’expliquer en partie par leurs diverses caractéristiques sociales et démographiques (universités, existence d’un quartier à vie nocturne et répartition des classes d’âge de la population). Dans la grande majorité des pays comptant plusieurs villes étudiées, les charges en cocaïne et en MDMA étaient généralement plus élevées dans les grandes villes que dans les petites. De telles différences n’ont pas été relevées pour les charges en amphétamine et en méthamphétamine.

Outre les variations géographiques, l’analyse des eaux usées peut permettre de détecter les fluctuations hebdomadaires des modes de consommation de drogues illicites. Dans plus de trois quarts des villes, les charges en BE et en MDMA mesurées dans les eaux usées étaient plus élevées pendant le week-end (du vendredi au lundi) qu’en semaine. En revanche, l’étude a constaté que la consommation d’amphétamine et de méthamphétamine était répartie de façon plus régulière sur l’ensemble de la semaine.

Tendances au cours des cinq dernières années

Depuis 2011, seize villes ont participé à quatre ou cinq campagnes annuelles de surveillance des eaux usées, ce qui permet de réaliser une analyse des tendances au cours des cinq dernières années en matière de consommation de drogues sur la base de l’analyse des eaux usées.

En ce qui concerne la consommation de cocaïne au cours des cinq années, une tendance à la stabilité peut être observée. Les tendances générales constatées étaient similaires pour les cinq campagnes de surveillance successives, les charges en BE mesurées les plus élevées et les plus basses se retrouvant dans les mêmes villes et régions. La plupart des villes affichent soit une tendance à la baisse soit une tendance stable entre 2011 et 2015, mais dans certains cas, en particulier à Bruxelles et à Londres, une augmentation des charges en BE a été observée durant cette période.

Au cours des cinq années de surveillance, les charges en MDMA les plus élevées ont été systématiquement enregistrées dans les eaux usées des villes belges et néerlandaises. Les charges en MDMA dans les eaux usées étaient plus élevées en 2015 qu’en 2011 dans la plupart des villes, avec de fortes hausses observées dans certaines villes, ce qui peut s’expliquer par une pureté accrue de la MDMA ou par les plus grandes quantités disponibles.

Dans l’ensemble, les données relatives à l’amphétamine et à la méthamphétamine issues des cinq campagnes de surveillance n’ont pas montré de changement majeur dans les modes généraux de consommation observés.

Comparaison avec les constatations d’autres outils d’observation  

Étant donné que l’analyse des eaux usées (consommation collective de substances pures au sein d’une communauté) et les outils d’observation reconnus, tels que les enquêtes auprès de la population (prévalence au cours du dernier mois ou de la dernière année), fournissent des types d’informations différents, il est difficile d’établir une comparaison directe des données. Toutefois, les tendances et les modes détectés par l’analyse des eaux usées correspondent largement – mais pas entièrement – aux analyses issues d’autres outils d’observation.

Par exemple, les données sur la prévalence issues des enquêtes et de l’analyse des eaux usées présentent toutes une image d’un marché des stimulants géographiquement clivé en Europe. Selon ce schéma, la cocaïne est plus répandue dans le sud et l’ouest, tandis que les amphétamines sont plus courantes dans les pays d’Europe centrale et septentrionale (EMCDDA, 2016a). Bien que la tendance générale observée grâce à l’analyse des eaux usées est conforme à celle détectée au moyen des outils d’observation reconnus, les charges en amphétamine dans les eaux usées de Paris et de Londres se situaient en-deçà du niveau de quantification, contrairement à ce qu’indiquaient d’autres outils d’observation.

Les données des indicateurs reconnus montrent que la consommation de méthamphétamine était traditionnellement limitée à la République tchèque, et plus récemment à la Slovaquie, bien qu’elle ait augmenté dans d’autres pays au cours des dernières années (EMCDDA, 2016a). Ces conclusions ont été confirmées par la récente épidémiologie basée sur les eaux usées, les charges en méthamphétamine les plus élevées ayant été observées dans les villes tchèques, slovaques, norvégiennes et allemandes.

Les indicateurs établis montrent que jusqu’à récemment, la prévalence de la MDMA était en baisse dans de nombreux pays, après les pics observés entre le début et le milieu des années 2000. Les données issues des analyses des eaux usées et des indicateurs établis montrent que la tendance serait en train de s’inverser, des charges en MDMA plus élevées en 2015 qu’en 2011 ayant été enregistrées dans la plupart des villes.

De même, les études basées sur l’usage de drogues auto-déclaré par les consommateurs et les données issues de l’analyse des eaux usées font apparaître des variations hebdomadaires similaires en matière d’usage, les stimulants tels que l’amphétamine et la cocaïne étant surtout consommés le week-end, lors d’événements musicaux et dans des contextes festifs (Tossmann et autres, 2001).

À ce jour, très peu d’études de cas ont été réalisées pour comparer les estimations en matière de consommation de drogue obtenues grâce à l’analyse des eaux usées et celles obtenues grâce aux enquêtes épidémiologiques (EMCDDA, 2016b; van Wel e.a., 2016). Une étude menée à Oslo, en Norvège, a comparé les résultats obtenus à partir de trois ensembles de données différents (une enquête de population générale, une enquête routière et une analyse des eaux usées) (Reid e.a., 2012). Une deuxième étude a analysé les tendances temporelles et spatiales en matière de consommation de cocaïne en Italie au moyen d’une épidémiologie basée sur les eaux usées et a comparé celles-ci aux résultats des enquêtes épidémiologiques menées au cours de la même période (Zuccato e.a., 2016). Une troisième étude a comparé des données épidémiologiques, des données sur la criminalité et des données issues de l’analyse des eaux usées dans 19 villes d’Allemagne et de Suisse (Been e.a., 2016). Ces études de cas confirment que l’analyse des eaux usées peut prédire les résultats des enquêtes de population et suggèrent que l’épidémiologie basée sur les eaux usées peut être utilisée comme un outil de «première alerte» dans le cadre de l’identification des nouvelles tendances en matière de consommation de drogue.

Limites de cette méthode

L’analyse des eaux usées constitue une source intéressante de données complémentaires pour la surveillance des quantités de drogues illicites utilisées au niveau de la population, mais elle ne peut informer sur la prévalence et la fréquence de consommation, sur les principales catégories d’usagers ni sur la pureté des drogues. Des difficultés supplémentaires naissent des incertitudes associées à l’échantillonnage des eaux usées, au comportement dans les égouts des biomarqueurs sélectionnés, à la fiabilité des mesures analytiques entre les divers laboratoires, aux différentes méthodes de rétrocalcul et aux différentes approches suivies pour estimer la taille de la population étudiée (Castiglioni e.a., 2013b; Lai e.a., 2014; EMCDDA, 2016b). Les mises en garde à prendre en considération pour sélectionner les objectifs analytiques pour l’héroïne, par exemple, rendent le suivi de cette drogue dans les eaux usées plus compliqué que pour les autres substances. De même, la pureté des produits vendus dans la rue fluctue de façon imprévisible dans le temps et selon le lieu. En outre, traduire les quantités totales consommées en un nombre correspondant de doses moyennes est compliqué car les drogues peuvent s'administrer par différentes voies et en quantités très variables, et les niveaux de pureté fluctuent (Zuccato e.a., 2008).

Les nouvelles évolutions et l’avenir 

L’épidémiologie basée sur les eaux usées s’est affirmée comme un outil important de surveillance de la consommation de drogues illicites, et il convient à présent d’identifier de nouvelles pistes en matière d’analyse des eaux usées (EMCDDA, 2016b).

Premièrement, l’analyse des eaux usées a été proposée en tant qu’outil permettant de répondre à certains défis liés au marché dynamique des nouvelles substances psychoactives. Parmi ces défis figurent le nombre élevé de nouvelles substances psychoactives, la prévalence d’utilisation relativement faible et le fait que de nombreux consommateurs ne savent en réalité pas exactement quelles substances ils utilisent. Une nouvelle technique a été créée pour identifier les nouvelles substances psychoactives. Elle consiste à collecter et à analyser des urines mises en commun à partir d’urinoirs individuels portables situés dans des boîtes de nuit, des centres-villes et des festivals de musique afin de disposer de données sur les nouvelles substances psychoactives consommées à un moment donné en un lieu donné (Archer e.a., 2013a, 2013b; Reid e.a., 2014).

Deuxièmement, l’épidémiologie basée sur les eaux usées peut fournir des informations non seulement sur les drogues illicites, l’alcool, le tabac et l’usage détourné de médicaments (Boogaerts et autres, 2016; Rodríguez-Álvarez e.a., 2015; Senta e.a., 2015), mais aussi sur les indicateurs de santé et de maladie au sein d’une communauté (Yang e.a., 2015).

Troisièmement, la possibilité d’utiliser l’épidémiologie basée sur les eaux usées en tant qu’instrument de mesure des résultats, en particulier dans le cadre de l’évaluation de l’efficacité des interventions ciblant l’offre (par exemple, actions répressives) ou la demande (par exemple, campagnes de santé publique) de drogues, n’a pas encore été pleinement étudiée. Une collaboration étroite entre les différents acteurs concernés, notamment les épidémiologistes, les spécialistes des eaux usées et les autorités judiciaires, est fortement recommandée afin de commencer à examiner ces applications potentielles de l’analyse des eaux usées (EMCDDA, 2016b).

Quatrièmement, par rétrocalcul des charges journalières en résidus cibles des eaux d’égouts, l’analyse des eaux usées peut fournir des estimations de la consommation totale, et des efforts ciblés sont maintenant déployés dans le but de déterminer les meilleures méthodes d’estimation de moyennes annuelles. En avril 2016, l’EMCDDA a présenté pour la première fois des estimations relatives à la taille du marché des drogues illicites en termes de quantité et de valeur pour les principales substances consommées (EMCDDA et Europol, 2016c). Les conclusions de l’analyse des eaux usées pourraient être utilisées pour approfondir les travaux menés dans ce domaine.

Enfin, de nouvelles méthodes, telles que l’établissement d’un profil sur la base des énantiomères, ont été développées pour déterminer si les charges en drogues présentes dans les eaux usées proviennent d’une consommation ou de l’élimination des drogues non utilisées ou des déchets de production. Il est à présent important d’évaluer l’utilité potentielle de l’analyse des eaux usées pour l’établissement de rapports sur la dynamique de l’offre de drogues, notamment sur la production de drogues synthétiques.

L’analyse des eaux usées a démontré son potentiel en tant que méthode complémentaire aux outils d’observation déjà en place dans le domaine des drogues. Elle présente des avantages évidents par rapport à d’autres approches car elle n’est pas sujette aux biais liés au déclaratif et permet de mieux identifier tout le spectre des drogues consommées, les usagers étant souvent dans l’ignorance du réel mélange des substances qu’ils consomment. Cet outil permet en outre de fournir au moment opportun et dans des délais courts des informations sur les tendances géographiques et temporelles Dans le but de vérifier la qualité et l’exactitude des données, il est tout de même nécessaire de réaliser de nouvelles comparaisons entre l’analyse des eaux usées et les données obtenues au moyen d’autres indicateurs. À ce jour, peu d’initiatives ont tenté de comparer les estimations issues de l’analyse des eaux usées et celles issues de techniques plus reconnues (Bramness e.a., 2014; Reid e.a., 2012; Thomas e.a., 2012; Zuccato e.a., 2016). Néanmoins, la technique expérimentale qu’était l’analyse des eaux usées a acquis le statut de nouvelle méthode dans la boîte à outils des épidémiologistes. Sa capacité à détecter rapidement les nouvelles tendances peut contribuer à cibler les programmes de santé publique et les initiatives politiques sur des groupes de personnes spécifiques et sur les différentes drogues qu’ils consomment.

Références

  • Archer, J. R. H., Dargan, P. I., Hudson, S., et Wood, D. M. (2013a), «Analysis of anonymous pooled urinals in central London confirms the significant use of novel psychoactive substances», QJM,106(2), pp. 147–152.
  • Archer, J. R. H., Hudson, S., Wood, D. M., et Dragan, P. I. (2013b), «Analysis of urine from pooled urinals: a novel method for the detection of novel psychoactive substances», Current Drug Abuse Reviews, publication en ligne, 5 décembre.
  • Bramness, J.G., Reid M.J., Solvik, K.F., et Vindenes, V. (2014), «Recent trends in the availability and use of amphetamine and methamphetamine in Norway», Forensic Science International, 246, pp. 92–97.
  • Castiglioni, S., Thomas, K. V., Kasprzyk-Hordern, B., Vandam, L., et Griffiths, P. (2013a), «Testing wastewater to detect illicit drugs: state of the art, potential and research needs», Science of the Total Environment, publication en ligne, 25 octobre.
  • Castiglioni, S., Bijlsma, L., Covaci A., et al. (2013b), «Evaluation of uncertainties associated with the determination of community drug use through the measurement of sewage drug biomarkers», Environmental Science and Technology, 47(3), pp. 1452–1460.
  • Daughton, C.G. (2001), «Emerging pollutants, and communicating the science of environmental chemistry and mass spectrometry: pharmaceuticals in the environment», American Society for Mass Spectrometry, 12, pp. 1067–1076.
  • EMCDDA (Observatoire européen des drogues et des toxicomanies) (2014), Rapport européen sur les drogues: Tendances et évolutions, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg.
  • EMCDDA (Observatoire européen des drogues et des toxicomanies) (2015), Rapport européen sur les drogues: Tendances et évolutions, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg.
  • Hall, W., Prichard, J., Kirkbride, P., et al. (2012), «An analysis of ethical issues in using wastewater analysis to monitor illicit drug use», Addiction,107(10), pp. 1767–1773.
  • Lai, F.Y., Anuj, S., Bruno, R., et al. (2014), «Systematic and day-to-day effects of chemical-derived population estimates on wastewater-based drug epidemiology», Environmental Science and Technology 49, pp. 999–1008.
  • Ort, C., van Nuijs A.L.N., Berset J-D., et al. (2014), «Spatial differences and temporal changes in illicit drug use in Europe quantified by wastewater analysis», Addiction, 109, doi: 10.1111/add.12570
  • Prichard, J., Hall, W., de Voogt, P., et Zuccato, E. (2014), «Sewage epidemiology and illicit drug research: the development of ethical research guidelines», Science of the Total Environment, 47(2), pp. 550–555.
  • Reid, M. J., Langford, K. H., Grung, M., et al. (2012), «Estimation of cocaine consumption in the community: a critical comparison of the results from three complimentary techniques», BMJ Open, 2(6).
  • Reid, M. J., Baz-Lomba, J. A., Ryu, Y., et Thomas, K. V. (2014), «Using biomarkers in wastewater to monitor community drug use: a conceptual approach for dealing with new psychoactive substances», Science of the Total Environment, sous presse.
  • Reid, M. J., Langford, K. H., Grung, M., et al. (2012), «Estimation of cocaine consumption in the community: a critical comparison of the results from three complimentary techniques», BMJ Open, 2(6).
  • Thomas, K. V., Bijlsma, L., Castiglioni, S., et al. (2012), «Comparing illicit drugs use in 19 European cities through sewage analysis», Science of the Total Environment, 432, pp. 432–439.
  • Tossmann, P., Boldt, S., et Tensil, M-D. (2001), «The use of drugs within the techno party scene in European metropolitan cities», European Addiction Research, 7(1), pp. 2–23.
  • Van Nuijs, A., Mougel, J.-F., Tarcomnicu, I., et al. (2011), «Sewage epidemiology: a real-time approach to estimate the consumption of illicit drugs in Brussels, Belgium», Environment International, 27, pp. 612–621.
  • Zuccato, E., Chiabrando, C., Castiglioni, S., Bagnati, R., et Fanelli, R. (2008), «Estimating community drug abuse by wastewater analysis», Environmental Health Perspectives, 116(8), pp. 1027–1032.

Notes de bas de page

2. Contenu interactif: découvrir les données de l’étude

Le contenu ci-dessous est pour le moment uniquement disponible en anglais.

Loading interactive feature… please wait. Note that this interactive feature requires a modern web browser. In particular, older versions of Internet Explorer (prior to 10) or Internet Explorer 10 running in 'compatibility view' may not work.

The 2016 Europe-wide study included over 50 cities in 20 countries and revealed a picture of distinct geographical and temporal patterns of drug use across European cities. There are two ways to visualise the data from this study, either viewing the data on a map or using a specially-developed charting tool. You can switch between the two views at any point.

map view screenshot
map view screenshot

How to use the charting tool? To explore the findings of the study, select the 'city' of choice and the 'target drug'. You can compare sites or explore daily and yearly trends. Weekend means refer to the mean loads detected on Friday, Saturday, Sunday and Monday. Weekday means refer to mean loads detected on the other days of the week. The findings from 2011-2016 are included in this tool. Wastewater samples are analysed for the urinary biomarkers of the parent drug for amphetamine, methamphetamine and mdma and for the main metabolite of cocaine (benzoylecgonine) (for more information: consult Analysis section).

Filter sites

Filter results by selecting which sites to display from the list below. Note that not all sites have data entries for all possible drug, year and day values.

Select target drug*:

Select something to visualise:

 
 

Select a year:

Select target drug*:

Explore daily patterns:

Click anywhere on the map to zoom out

Click on a location to zoom in

 
 
 
 
 

How to use this map? By scrolling over the bubbles, the city name and data become visible. By zooming in on your country of interest, additional cities will show allowing further exploration of the city level data in your country of interest. To further explore the findings of the study, select the ‘target drug’ and the ‘temporal pattern’ of choice. Weekend means refer to the mean loads detected on Friday, Saturday, Sunday and Monday. Weekday means refer to mean loads detected on the other days of the week. The findings from the 2011-2016 period are included in this map. Bubble sizes are not comparable between different target drugs, but are comparable within one substance. Wastewater samples are analysed for the urinary biomarkers of the parent drug for amphetamine, methamphetamine and mdma and for the main metabolite of cocaine (benzoylecgonine) (for more information: consult Analysis section)

Additional notes:

The graphical tool was fully updated December 2016; Krakow, Stockholm and Bristol data was added in May 2017

MDMA - 2012/2013: Eindhoven exhibited abnormal high values for MDMA in 2012, 2013 and 2014, which might be due to the release of unconsumed MDMA into the sewer system.

Amphetamine 2013: Eindhoven exhibited abnormal high values for amphetamine in 2013 (Ort et al., 2014).

Reijkjavik/Stockholm:: comparison across years need to be made with caution as in 2016 two treatment plants were sampled (1 treatment plant in previous years)

Supported browsers

Please note that this interactive feature requires a recent browser. Older browsers, in particular versions of Internet Explorer prior to 10, may not function correctly.

3. Termes et définitions

Rétrocalcul 

Le rétrocalcul est le procédé par lequel les chercheurs calculent/estiment la consommation de drogues illicites d’une population en se basant sur les quantités de résidus des drogues identifiées dans les eaux usées qui entrent dans une station d’épuration.

CLHP-SM/SM

La chromatographie liquide haute performance couplée à la spectrométrie de masse en tandem (CLHP-SM/SM) est la méthode analytique la plus fréquemment utilisée pour quantifier les résidus de drogues dans les eaux usées. La CLHP-SM/SM est une technique de chimie analytique qui associe les techniques de séparation de la chromatographie liquide aux capacités d’analyse de la spectrométrie de masse Compte tenu de la complexité de la matrice analysée et des faibles concentrations attendues dans les eaux usées, la CLHP-SM/SM, de par ses qualités de sensibilité et de spécificité, est l’une des techniques les plus efficaces pour ce type d’analyses.

Métabolites

Les résidus des drogues consommées finissent dans le réseau d’égouts, soit inchangés, soit sous forme d’un mélange de métabolites. Les métabolites, produits finaux du métabolisme, sont les substances produites lorsque l’organisme dégrade les drogues.

Résidus

L’analyse des eaux usées repose sur le fait que des résidus de presque tout ce que nous consommons sont excrétés dans les urines, y compris les drogues illicites. Les résidus d’une drogue se retrouvent dans les eaux usées après l’excrétion. Ils sont utilisés pour quantifier la consommation de drogues illicites par la population.

Biomarqueurs urinaires

Dans les échantillons d’eaux usées, les chimistes analystes cherchent les biomarqueurs urinaires (caractéristiques mesurables permettant de calculer la consommation de drogues par la population) qui peuvent correspondre à la drogue mère (c.-à-d. la substance primaire) ou à ses métabolites urinaires.

4. Comprendre la méthode d’analyse des eaux usées et réfléchir aux implications éthiques

Afin d’estimer les niveaux de consommation de drogues à partir de l’analyse des eaux usées, les chercheurs tâchent d’abord d’identifier et de quantifier les résidus de drogues dans les prélèvements d’eaux usées. Ils réalisent ensuite un rétrocalcul pour remonter à la quantité de drogues illicites consommée par la population reliée aux stations d’épuration dans lesquelles ont été effectués les prélèvements (Castiglioni e.a., 2014). Cette approche comporte plusieurs étapes (voir la figure). Dans un premier temps, des échantillons composites d’eaux usées non traitées sont prélevés dans les égouts d’une zone géographique définie. Ces échantillons sont ensuite analysés afin d’identifier les concentrations en résidus des drogues sélectionnées. Après cela, la consommation de drogues est estimée par rétrocalcul en multipliant la concentration en résidus de chaque drogue sélectionnée (en ng/l) par le débit dans les égouts correspondants (en l/jour). Un facteur de correction pour chaque drogue est pris en compte dans le calcul. Dernière étape, le résultat est divisé par la population reliée à la station d’épuration des eaux usées. Le résultat est exprimé en quantité d’une certaine substance consommée par jour pour 1 000 habitants. Les estimations de population sont obtenues à l’aide de calcul prenant en compte différents paramètres biologiques, mais aussi grâce aux données de recensement, ou bien au nombre de raccordements de foyers au réseau d’égouts ou au débit maximal normal. En revanche, la variabilité générale entre ces différentes estimations est habituellement très élevée.

diagramme

Bien qu’elle serve surtout à étudier les tendances en matière de consommation de drogues illicites au sein de la population générale, l’analyse des eaux usées peut également être appliquée à de petites communautés, notamment des lieux de travail, des écoles, des festivals de musique, des prisons et des quartiers spécifiques. 

Le recours à cette méthode dans de petites communautés peut poser des risques éthiques (Prichard e.a., 2014), par exemple la possibilité d’identifier un groupe particulier au sein d’une communauté. En conséquence, des recommandations éthiques doivent impérativement être élaborées à l’intention des chercheurs utilisant cette technique (Hall e.a., 2012). Idéalement, ces recommandations devraient être interdisciplinaires, internationales et évoquer la façon d’interpréter les résultats, afin d’éviter les risques de mauvaise interprétation des résultats par les médias et les réponses que les responsables politiques pourraient y apporter (Prichard e.a., 2014).

Références 

  • Castiglioni, S., Thomas, K. V., Kasprzyk-Hordern, B., Vandam, L. et Griffiths, P. (2014), «Testing wastewater to detect illicit drugs: State of the art, potential and research needs», Science of the Total Environment 487, pp. 613–620.
  • Prichard, J., Hall, W., de Voogt, P. et Zuccato, E. (2014), «Sewage epidemiology and illicit drug research: The development of ethical research guidelines», Science of the Total Environment 47(2), pp. 550–555.
  • Hall, W., Prichard, J., Kirkbride, P., et al. (2012), «An analysis of ethical issues in using wastewater analysis to monitor illicit drug use», Addiction 107(10), pp. 1767–1773.

En savoir plus

À lire aussi

  • EMCDDA (n.d.), ‘Wastewater analysis: Activities in the area of wastewater analysis’, site web de l’EMCDDA.
  • EMCDDA (2016), Assessing illicit drugs in wastewater: Advances in wastewater-based drug epidemiology, EMCDDA Insights, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg.
  • Université d’Anvers et National Geographic (2013), «Behind the science: Drug sewers» (vidéo), YouTube.
  • Ort, C., van Nuijs A.L.N., Berset J-D., et al. (2014), «Spatial differences and temporal changes in illicit drug use in Europe quantified by wastewater analysis», Addiction 109 (8), pp. 1338–1352, doi: 10.1111/add.12570.
  • Castiglioni, S., Thomas, K. V., Kasprzyk-Hordern, B., Vandam, L. et Griffiths, P. (2014), «Testing wastewater to detect illicit drugs: State of the art, potential and research needs», Science of the Total Environment 487, pp. 613–620.
wasteWater.js
Téléchargez le document attaché en JS format
Wastewater analysis
Téléchargez le document attaché en PDF format

Imprimer

Page last updated: Thursday, 12 January 2017